Shadows of the Underworld

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Références

  • Gamme : Shadowrun
  • Sous-gamme : 2e édition (2054-59)
  • Version : première édition
  • Type d'ouvrage : Scénario / Campagne
  • Editeur : FASA Corporation
  • Langue : anglais
  • Date de publication : janvier 1996
  • EAN/ISBN : 1-55560-307-6
  • Support : Papier
  • Disponibilité : Paru

Contributeurs

Contenu de l'ouvrage

Matériel

Livre de 96 pages à couverture souple accompagné d'une carte postale.

Description

Shadows of the Underworld propose avec son alter ego, Super Tuesday !, de faire bouger un peu le monde de Shadowrun. En effet, elle permet aux joueurs d'explorer les dessous de la campagne présidentielle de 2057 aux UCAS (le descendant des États-Unis d'Amérique).

Cette série d'aventures indépendantes permet d'impliquer les personnages dans l'un des événements les plus marquants de l'univers de Shadowrun et qui aura des conséquences monumentales sur le fil historique du jeu (voir Portfolio of A Dragon: Dunkelzahn's Secrets). Les élections anticipées de 2057 font suite à la destitution pour fraude du président James Booth. Les candidats ont peu de temps pour se préparer et, même si l'enjeu n'est initialement pas si intéressant pour le monde des ombres, l'annonce de la candidature du grand dragon Dunkelzahn provoque des remous considérables dans le pays, et avec lui, le monde entier.

Les semaines précédant l'élection verront se succéder les coups de théâtre, souvent dus aux actions des joueurs. Contrairement à Super Tuesday !, l'introduction est courte (2 pages) et l'ouvrage ne comporte quasiment pas de détails sur les élections ou les candidats. Pourtant, il s'agit bien de scénarios se déroulant pendant la campagne présidentielle, mais avec une approche plus urbaine, au niveau de la rue.

Les cinq scénarios sont tous décrits de la manière habituelle pour Shadowrun seconde édition : une courte nouvelle, un prologue décrivant l'aventure globalement, et les autres suppléments qui peuvent aider à enrichir l'histoire, une série de scènes clés, une conclusion avec les récompenses pour les joueurs, des informations sur les retombées, et une description des personnages non joueurs impliqués dans l'aventure.

Dans Excelsior (18 pages), les runners sont tranquillement en train de discuter d'un contrat avec un membre de l'équipe de Dunkelzahn quand le restaurant, et même tout l'immeuble, est pris d'assaut par un culte semi-new-age semi-évangélique d'écoterroristes, le Whole Earth Adventists. Ils menacent de tuer tous les corporatistes présents en l'honneur de Dunkelzahn, qu'ils prennent pour l'envoyé de leur déesse. La représentante de Dunkelzahn engage rapidement les runners pour se sortir de cette situation sans aucune perte civile. L'ambiance est très proche du film Piège de cristal.

Ensuite, dans Two Solitudes (17 pages), les runners sont engagés par un cadre de Yamatetsu pour retrouver son fils disparu récemment. Celui-ci a volé des secrets de la corporation pour le compte de Saeder Krupp, mais ne les a pas encore donnés à qui que ce soit. Les runners doivent faire face aux agents des deux corporations ainsi qu'à Hiro, amant de Sho et élémentaire de feu libéré par le jeune homme. Qui récupèrera les informations ?

Puis, dans C.O.D. (14 pages), un M. Johnson engage les runners pour convoyer en contrebande un mystérieux paquet hors de Seattle et le protéger pendant un jour ou deux. Quand les personnages sont attaqués par plusieurs gangs et le Yakuza, ils sont aidés par un curieux groupe paramilitaire qui refuse de s'identifier. Le fait est que le colis est un œuf de dragon et que le père fera tout ce qui est en son pouvoir pour le récupérer, quitte à mettre en danger la candidature de Dunkelzahn.

Viens alors Double Dipping (22 pages), dans lequel un simple kidnapping est transformé quand des images des runners sont diffusées dans les médias. Il s'avère que les personnages sont au cœur d'un plan du policlub Humanis pour aider la campagne de Kenneth Brackhaven en intensifiant les tensions envers les métahumains. Les joueurs sont obligés d'aider un journaliste pour récupérer leur crédibilité et blanchir leur image.

Enfin, dans Dead Run (11 pages), en se rendant à un rendez-vous, les personnages se retrouvent nez-à-nez avec le cadavre du Général Franklin Yeats, un des candidats à la présidence des UCAS. Ils doivent fuir face aux membres du FBI, qui semblent plus disposées à tirer qu'à comprendre. Les personnages doivent donc encore une fois découvrir qui est l'auteur de la mise en scène et laver leur nom. Cette aventure peut être la suite de Casualties of War, une des aventures de Super Tuesday ! et elle implique Anne Penchyk, la suppléante de Yeats. Une carte postale intitulée Shadowrun Absentee Ballot, permettait aux acheteurs de voter par correspondance pour le candidat de leur choix à l'élection présidentielle.

Cette fiche a été rédigée le 9 mai 2010.  Dernière mise à jour le 24 janvier 2011.

Critiques

matreve  

Deuxième volet après Super Tuesday, Shadows of the Underworld (SotU) confirme l'absence d'ambitions initiée avec Super Tuesday, et se révèle encore plus mauvais.

La trame des élections de 2057 est encore plus en arrière-plan dans SotU, et je doute de toutes façons que si vos joueurs ont joué _TOUS_ les scénarios de Super Tuesday, qu'ils seront encore demandeurs de runs sans que la thématique électorale et politique ne soit plus lourdement travaillée.

Comme j'ai pu en faire la remarque sur Super Tuesday, votre travail de MJ sera intégral et nécessitera les romans Shadowrun pour parvenir à faire de ce supplément un support à une vraie campagne, haute en couleurs et révélations.

Au final, qu'il soit pris isolément ou comme aide de jeu, SotU est loin d'être le chaînon indispensable entre Super Tuesday et Portfolio of a Dragon, et assurément le supplément le moins intéressant des trois.

 

Critique écrite en décembre 2014.

sk8bcn  

Encore un scénario avec pour thématique de fond la campagne présidentielle de 2057.

Je vais commencer par un bon point :

Lors de mes précédentes critiques sur des recueils de scénarii de Shadowrun, j’avais émis des doutes sur la possibilité de faire de bonnes histoires à cause du format éditorial. Proposer un texte à lire ou paraphraser, expliquer la scène, développer celle-ci puis ajouter une section au cas où l’histoire déraille, ça m’a toujours semblé trop gourmand en caractères pour permettre de développer un scénario en peu de signes.

Les scénarios de « Shadows of the Underworld » ont une écriture assez directe et une maquette assez compacte pour proposer du contenu tout en se conformant aux canons éditoriaux de FASA.

Cela étant dit, le reste n’a vraiment rien de terrible.

Le premier scénario met en scène des terroristes. Les fanatiques décrits pensent que Dunkelzahn représente leur futur et décident donc de faire exploser des corporatistes pour marquer leur engouement. Mouais… Le tout est hyper-capillotracté. Les motivations du groupuscule pro-Dunkelzahn peinent à faire sens (le terrorisme ne va pas l’aider à devenir président, c’est certain). Mais même en admettant qu’un grand groupe de psychopathes se soit trouvé et se soit convaincu de l’intelligence de leur plan, il n’y a pas que ça. Le « hasard » scénaristique veut que les PJs soient sur place quand les événements se produisent. Quel hasard… Et ils sont là pour un job (qui n’a rien à voir avec les terroristes) offert par un acolyte de Dunkelzahn (qui évidemment réévaluera ses priorités).

Ajoutez à ça qu’il s’agit du troisième scénario qui utilise la ficelle des terroristes (avec en sus l’intrigue la moins crédible), donc, c’est mauvais…

Le second est un peu meilleur, sans être bon (passable en fait) qui se paye le luxe d’avoir un lien lointain avec la campagne présidentielle. Dans les thèmes abordés par les candidats, la Californie est un sujet majeur. On nous propose donc un scénario en Californie. Voilà pour le lien avec la campagne présidentielle ; il n’y en a pas d’autre. Dans l’histoire, un jeune japonais corporatiste est homosexuel ce qui est hyper mal-vu et portera préjudice à son père, d’autant qu’on commence à le black-mailer. Il trouve l’amour avec un esprit indépendant et fuit, non sans avoir vendu des informations de la corpo de son père ce qui lui vaut d’être poursuivi. Aux PJs (qui ne savent rien de l’histoire) de le retrouver.

Si le scénario est acceptable, le fait de requérir des PJs Californiens est un frein supplémentaire à l’histoire (en effet, il faut remonter la piste via des contacts qui ont une chance de connaître des PNJs mineurs du coin. Et par ailleurs, c’est un contrat mineur, il est donc peu crédible que le commanditaire cherche des talents à Seattle).

Nb : le contexte (domination japonaise, résistance californienne) rend la transposition du scénario à un autre lieu assez difficile.

Le 3ème scénario est assez court, mais propose une histoire qui fait plus sens : la Human Nation, proche de Kenneth Brackhaven, veut faire plonger Dunkelzahn dans les sondages en volant un œuf du Grand Dragon Masaru et en espérant une réaction extrême de sa part. Parfait pour faire passer les Dragons pour des êtres maléfiques. Les PJs seront les dindons de la farce. L’écriture des scènes n’est pas exceptionnelle et certaines justifications sont médiocres (genre comment l’œuf a été volé) mais au moins, l’histoire a du potentiel.

Le 4ème est carrément débile. Je n’ai pas de mot pour ça. Les PJs sont engagés pour faire un kidnapping d’une jeune elfe. Sauf qu’en fait, l’employeur s’est assuré que les PJs soient filmés et fait fuiter la vidéo. Comme il y aura certainement des métahumains dans le groupe de PJ, cet enlèvement créera de la tension entre métahumains (hein, mais comment l’auteur arrive à cette idée ?)  ce qui servira la campagne de Kenneth Brackhaven.

Le scénario part sur le principe que les PJ comprendront qu’ils se sont fait trahir. Ce qui me semble stupide car rien ne pourrait laisser présager que c’est le commanditaire qui s’est arrangé pour filmer - se faire voir sur des caméras de sécurité ou par un jeune à la fête qui a une caméra interne, ça reste crédible-.

Mais surtout, tous les contacts des PJs finiront par leur tourner le dos parce qu’ils sont méchants (??? – on est d’accord qu’un shadowrunner pratique le vol de données, l’enlèvement et tue parfois, voire souvent… et là il est trop méchant ???). Et il faudra donc qu’ils prouvent qu’ils ont été doublés (???- c’est-à-dire ? « Oui, on a kidnappé la fille. Mais on ne savait pas que le kidnappeur était méchant ???-). Cette intrigue est complètement risible.

Je ne sais pas si le dernier scénario est censé être le point d’orgue du recueil ou non mais il s’appuie sur un événement majeur : l’assassinat du candidat Yeats. Ils serviront de bouc émissaire au meurtre de ce candidat, devront fuir les fédéraux et prouver leur innocence. Je crois que ce type d’intrigue est plus éculée que sauver la princesse dans un med-fan.

Au-delà de cette ficelle assez bateau, ils finiront par découvrir que Yeats était une fusion parfaite entre un esprit insecte et le candidat, et que sa candidate à la vice-présidence, alliée aux esprits-insectes de la Mante (qui chassent les autres insectes), l’a fait tuer. En cours de campagne, ils ont acquis la certitude que c’était un esprit-insecte.

Quelle crédibilité à cette histoire ? Un esprit insecte candidat qui par hasard, s’est allié à une ork (ou insecte elle-même) appartenant au camp de chasseurs d’insectes.

Pour moi, seul le meurtre de Yeats conserve un intérêt scénaristique. Mais pour le reste, il faut tout rebâtir.

Dans l’ensemble, c’est quelque part entre médiocre et mauvais, avec des scénarios complets à jeter. J’estime qu’il évite le 1 parce qu’il offre quelques idées sur lesquelles reconstruire quelque chose. Un petit 2/5.

Critique écrite en février 2026.

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